Chat-LIVE Marc Lièvremont
De retour de Cardiff, le sélectionneur de l'équipe de France fera le bilan du Tournoi des VI Nations. Posez vos questions, il y répondra le lundi 17 mars à 11h30.
Exemplaire durant sa carrière de joueur, Marc Lièvremont, le sélectionneur national, souhaite redonner un souffle nouveau au XV de France.
Né à Dakar le 28 octobre 1968, Marc Lièvremont est l'ainé d'une famille de huit enfants, tous joueurs de rugby. Formé à l'Etoile sportive catalane d'Argelès-sur-Mer, il arrive à l'USAP à l'âge de 20 ans. Le troisième ligne gauche reste pendant neuf saisons chez les Catalans avant de rejoindre le Stade-Français en 1997. Il remporte le Bouclier de Brennus avec les Stadistes face à son ancienne équipe (34-7) dans laquelle évoluait son frère Thomas. Les deux deviendront coéquipiers en 2000, année où Marc décide de poser ses valises au Pays Basque, pour évoluer au sein du Biarritz Olympique. Mais celui qu'on surnommait le sécateur (à l'instar de Serge Betsen) en raison de ses plaquages redoutables, doit mettre fin à sa carrière en 2002 à cause de blessures persistantes au genou droit, malgré une dizaine d'opérations subies. Performant dans les différents clubs qu'il a connu, c'est logiquement que les portes de l'équipe de France se sont ouvertes à lui, qui totalise 25 sélections en bleu. Il participe notamment au Tournoi des Cinq Nations en 1998 avec un Grand Chelem à la clé. Il est également de l'aventure de la Coupe du monde 1999 et joue tous les matches. Il prend sa retraite internationale à l'issue de la compétition et de la finale perdue face à l'Australie (35-12).
Nouveau sélectionneur, nouvelles méthodes
Leader et fin tacticien sur le terrain, Marc Lièvremont a les compétences requises pour faire un bon entraîneur. Quelques semaines après son départ contraint des terrains, Marcel Martin, le président du BO, lui propose de prendre les rênes de l'équipe espoir biarrote durant deux saisons. A la même période, il prend en charge l'équipe de France des moins de 21 ans. En 2005, il devient le coach de Dax, pensionnaire de Pro D2. Il réussit l'année suivante à faire monter le club en Top 14. Alors qu'il s'apprête à démarrer une nouvelle saison sur le banc dacquois, il est nommé sélectionneur du XV de France par Bernard Lapasset. Accompagné d'Emile N'Tamack et de Didier Retière, il veut redonner aux Tricolores l'envie de jouer et de prendre des risques. L'objectif du nouveau staff est clair : préparer le mieux possible la Coupe du Monde 2011. Le successeur de Bernard Laporte accorde une place importante aux relations humaines : «Je me suis promis de dire toujours ce que je pense aux joueurs. De ne pas biaiser. J'ai conscience que je peux parfois être très dur. Mais je ne refuse jamais une explication?Le groupe doit être plus fort que tout».
Des choix qui ne font pas l'unanimité
Son premier match à la tête des Bleus a lieu en Ecosse dans le cadre du Tournoi des VI
nations. Les entraîneurs ont choisi d'amener un groupe nettement rajeuni, en se privant d'éléments comme Sébastien Chabal. Ce baptême du feu s'est avéré concluant avec une facile victoire (27-6). Après un succès difficile obtenu quinze jours plus tard face à l'Irlande (26-21), le premier accroc de la bande à Lionel Nallet, promu capitaine, se déroule durant la réception de l'Angleterre. Pulvérisés en mêlée et trop gourmands dans le jeu, les Français s'inclinent une nouvelle fois contre leur meilleur ennemi (24-13). La victoire face à l'Italie (25-13) n'a rien de rassurant. Certains spécialistes dénoncent une revue d'effectif trop large, une politique sans vraie ligne directrice. Lièvremont a offert à quatorze joueurs leur première sélection. Construire une dynamique et une solidarité de groupe apparaît difficile dans ces conditions. Malgré tout, le XV tricolore peut encore remporter le tournoi, en s'imposant nettement au Pays de Galles.